Nos erreurs, on les regrette tout de suite. Ce qu'on n'a jamais fait, on le regrette plus longtemps. C'est le cœur de la recherche sur le regret : à court terme, ce sont nos actes qui font le plus mal. Mais quand les gens repensent à leur vie, c'est plus souvent ce qu'ils n'ont pas osé faire qui les ronge.
Des études plus récentes sont allées plus loin. Le regret qui dure le plus longtemps porte plus souvent sur la personne qu'on voulait devenir que sur celle qu'on aurait dû être. Les devoirs qu'on a négligés, on finit le plus souvent par s'en occuper et par réparer. Les rêves qu'on n'a jamais tentés restent en suspens, et c'est pour ça qu'on les regrette plus longtemps.
Choisis ta piste selon ta situation :
- Note ce que tu repousses si tu attends le bon moment.
- Fais la version la plus petite si ton rêve te semble trop grand.
- Répare ce qui peut l'être si un vieux regret te pèse.
- Demande-toi ce que tu penseras dans dix ans si tu veux aller plus loin.
Un premier pas aujourd'hui : note une chose que tu as envie de faire depuis longtemps sans l'avoir jamais faite, et le plus petit premier pas pour t'en rapprocher.
Nos erreurs, on les regrette tout de suite. Une parole blessante, un mauvais achat, une décision qui a mal tourné : ça brûle le soir même. Mais quand les gens repensent à leur vie, c'est plus souvent ce qu'ils n'ont jamais fait qui les ronge. Le voyage qui ne s'est jamais fait, la formation à laquelle on ne s'est pas inscrit, la conversation qu'on n'a jamais eue. Cet article présente ce que dit la recherche sur le regret, explique pourquoi ce type de regret est celui qui dure le plus longtemps et propose quatre pistes pour moins regretter.
Les actes brûlent, les occasions manquées rongent
En 1995, Gilovich et Medvec ont fait la synthèse de la recherche sur le regret. Le schéma était clair. À court terme, les gens regrettent plus souvent ce qu'ils ont fait : leurs erreurs et leurs faux pas. Mais à long terme, quand ils repensent à des années entières, voire à toute leur vie, ils regrettent plus souvent ce qu'ils n'ont pas fait.
Ils l'expliquaient par plusieurs facteurs. Une erreur peut souvent être réparée, ou servir de leçon, et la douleur s'estompe. Ce qu'on n'a pas fait, en revanche, on ne saura jamais comment ça aurait tourné. Et après coup, ça paraît en plus plus facile que ça ne l'était. L'occasion manquée grandit dans la mémoire, tandis que l'erreur rapetisse.
- À court terme Ce qu'on a mal fait brûle le plus.
- À long terme Ce qu'on n'a jamais fait pèse le plus lourd.
L'erreur rapetisse dans la mémoire, l'occasion manquée grandit.
La personne qu'on voulait devenir
En 2018, Davidai et Gilovich sont allés plus loin à travers six études. Ils ont interrogé des gens sur leur plus grand regret et ont classé les réponses en deux catégories. D'un côté, le regret de ne pas avoir été à la hauteur de ses devoirs : la personne qu'on aurait dû être. De l'autre, le regret de ne pas avoir été à la hauteur de ses rêves et de ses objectifs : la personne qu'on voulait devenir.
Le regret qui durait le plus longtemps portait plus souvent sur la personne qu'on voulait devenir. L'explication tenait à ce que les gens font de leur regret. Quand on a manqué à un devoir, par exemple en n'allant pas voir un parent malade, on essaie souvent de réparer ou de s'excuser. Quand on a trahi un rêve, on ne fait le plus souvent rien, et c'est pour ça qu'il reste en suspens.
Ces études reposent sur ce dont les gens se souviennent et ce qu'ils racontent. Elles ne disent pas que les devoirs sont sans importance. Mais elles disent quelque chose sur là où il faut porter son attention : les rêves que tu repousses sont ceux qui risquent de te suivre le plus longtemps. Pour savoir lesquels sont vraiment tes propres objectifs, lis objectifs de vie.
Quatre pistes pour moins regretter
Note ce que tu repousses. Pour toi qui attends le bon moment. Note ce que tu as envie de faire depuis longtemps sans l'avoir fait : un voyage, une formation, une conversation, un loisir. Le simple fait d'avoir la liste sous les yeux rend plus difficile de continuer à repousser. Premier pas : note trois choses aujourd'hui.
Fais la version la plus petite. Pour toi dont le rêve semble trop grand. Si tu veux écrire un livre, tu peux écrire une page. Si tu veux vivre à l'étranger, tu peux y aller une semaine. La version la plus petite te montre si tu en veux davantage, et tu n'as plus à te poser la question. Premier pas : choisis une chose sur ta liste et écris-en la version la plus petite.
Répare ce qui peut l'être. Pour toi qui portes un vieux regret. Pour certaines choses, il est encore possible d'agir : une conversation qui n'a jamais eu lieu, des excuses jamais prononcées. Essayer peut en soi apporter du soulagement, quelle que soit l'issue. Premier pas : choisis une chose et écris quel serait le premier pas.
Demande-toi ce que tu penseras dans dix ans. Pour toi qui veux aller plus loin. C'est la piste la plus exigeante, parce qu'elle t'oblige à agir selon ta réponse. Avant chaque choix important, demande-toi : dans dix ans, qu'est-ce que j'aurai voulu avoir fait ? Note la réponse avant de te décider. Souvent, elle pointe vers le choix le plus courageux. Pour en savoir plus sur les grandes décisions et sur le courage de choisir, lis avoir du mal à prendre des décisions. Premier pas : pose-toi la question à propos d'une décision qui t'attend.
Quand le regret prend le dessus
Le regret peut être utile, parce qu'il te montre ce qui compte. Mais il peut aussi s'enliser. Si tu ressasses la même chose pendant des mois et que ça s'accompagne de déprime, de honte ou de troubles du sommeil, parles-en à un médecin ou à un professionnel de santé. On peut se faire aider pour lâcher ce qu'on ne peut pas changer.
Un premier pas aujourd'hui : note une chose que tu as envie de faire depuis longtemps sans l'avoir jamais faite, et le plus petit premier pas pour t'en rapprocher.
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