Quand des parents se séparent, on pense facilement que c'est la séparation elle-même qui affecte le plus les enfants. La recherche pointe autre chose, au moins aussi important : la façon dont les parents gèrent le conflit entre eux. Les enfants en subissent les effets, que leurs parents vivent ensemble ou non.
Une synthèse de la recherche montre que le bien-être des enfants, leur comportement, leur scolarité et leurs relations futures sont affectés par les conflits entre parents, du silence jusqu'à la violence. Une étude suédoise portant sur près de 150 000 élèves a montré que les enfants en résidence alternée avaient moins de troubles psychosomatiques que ceux qui vivaient surtout chez un parent, mais davantage que les enfants vivant avec leurs deux parents ensemble.
Choisis ta piste selon la situation :
- Si vous arrivez à vous parler : mettez-vous d'accord sur l'essentiel.
- Si chaque conversation tourne à la dispute : passez à l'écrit et restez factuels.
- Si ton enfant sert de messager : adresse-toi directement à l'autre parent.
- Si tu traverses toi-même une crise : fais-toi aider, pour toi.
Un premier pas aujourd'hui : observe si ton enfant transporte des messages entre vous, et transmets le prochain message directement à l'autre parent.
En cas de violence ou de menaces, contacte la police ou appelle ton numéro d'urgence local. Si tu t'inquiètes pour le bien-être de ton enfant, parles-en à un médecin ou à un professionnel de santé.
Quand des parents se séparent, on pense facilement que c'est la séparation elle-même qui affecte le plus les enfants. La recherche pointe quelque chose d'au moins aussi important : la façon dont les parents gèrent le conflit entre eux. Les enfants en subissent les effets, que leurs parents vivent ensemble ou non. C'est un constat à la fois lourd et porteur d'espoir, car le conflit est quelque chose sur lequel vous pouvez agir, même quand votre couple est terminé. Cet article fait le point sur ce que montre la recherche, sur la manière de tenir ton enfant à l'écart et sur quatre pistes selon la situation.
C'est la façon dont vous vous disputez qui compte, pas seulement la séparation
Pendant longtemps, la recherche sur la relation entre parents et le bien-être des enfants s'est surtout intéressée à deux choses : le divorce et la violence conjugale. En 2018, Harold et Sellers ont fait la synthèse de ces travaux et souligné que ce qui affecte les enfants, c'est la manière dont les parents expriment et gèrent leurs conflits, sur une échelle allant du silence à la violence.
Les émotions des enfants, leur comportement, leur vie sociale, leur scolarité et leurs relations futures étaient affectés par les conflits entre parents, que ceux-ci soient mariés ou séparés, et que l'enfant ait ou non un lien biologique avec eux. Une conclusion vient naturellement à l'esprit, même si la synthèse ne la formule pas ainsi : une séparation peu conflictuelle peut être meilleure pour l'enfant qu'une vie commune très conflictuelle, et une séparation où le conflit reste intense ne règle pas ce qui devait l'être.
Ce que racontent les élèves suédois
En 2015, Bergström et ses collègues se sont appuyés sur une enquête nationale menée dans les écoles suédoises, auprès de 147 839 élèves de sixième et de neuvième année, pour comparer les troubles psychosomatiques des enfants (c'est-à-dire des troubles physiques qui peuvent être liés à l'état psychologique) selon leur mode de résidence.
Les enfants en résidence alternée chez leurs deux parents avaient moins de troubles que ceux qui vivaient surtout ou uniquement chez l'un des deux. Mais ils en avaient davantage que les enfants vivant avec leurs deux parents ensemble. Ces écarts ne s'expliquaient pas par le degré de satisfaction des enfants quant à leur situation financière ou à leur relation avec leurs parents.
L'étude a mesuré les choses à un seul moment et montre des corrélations, pas des causes. Les familles qui choisissent la résidence alternée peuvent se distinguer des autres d'une manière que l'étude n'a pas saisie, par exemple par le niveau de conflit. Les chercheurs ont d'ailleurs eux-mêmes appelé à des études qui suivent les familles avant et après la séparation. Elle ne dit donc pas quel mode de résidence convient à ton enfant.
Ton enfant ne doit pas se retrouver au milieu
Il existe bien des façons d'entrer en conflit après une séparation, et la plupart ne concernent pas l'enfant. Pourtant, il peut quand même se retrouver au cœur du conflit : comme messager, comme celui qui entend les disputes au téléphone, ou comme celui qui doit choisir un camp.
- L'enfant au milieu Il transmet les messages, entend les disputes et sent qu'il doit choisir.
- L'enfant à l'écart Les adultes se parlent entre eux. L'enfant peut rester un enfant.
Le conflit entre vous affecte l'enfant, que vous viviez ensemble ou non.
Tenir ton enfant à l'écart n'exige pas que vous soyez d'accord, ni même que vous vous appréciiez. Cela exige que vous régliez le conflit entre vous et non à travers lui, et qu'il n'ait pas à entendre ce qu'un parent pense de l'autre.
Quatre pistes, selon la situation
Si vous arrivez à vous parler. Pour ceux qui peuvent coopérer sans que cela tourne à la dispute. Mettez-vous d'accord sur l'essentiel, comme l'heure du coucher, les écrans et la façon de gérer l'école, pour que votre enfant retrouve le même cadre dans les deux maisons. Le reste peut être différent. Premier pas : propose une courte rencontre sur une seule question ce mois-ci.
Si chaque conversation tourne à la dispute. Pour ceux dont les échanges dérivent toujours vers les vieux conflits. Passez à l'écrit, avec des messages courts et factuels : horaires, passages de relais, école. Ne réponds pas à ce qui ne concerne pas l'enfant. Premier pas : rédige ton prochain message pour qu'il ne contienne que des faits, et relis-le une fois avant de l'envoyer.
Si ton enfant sert de messager. Pour toi qui remarques que des messages passent par ton enfant, dans un sens ou dans l'autre. Adresse-toi plutôt directement à l'autre parent, et dis à ton enfant qu'il n'a pas à porter les questions des adultes. Premier pas : transmets le prochain message directement, sans passer par ton enfant.
Si tu traverses toi-même une crise. Pour toi qui es en plein chagrin, en colère ou rongé par l'inquiétude après la séparation. C'est la piste la plus exigeante, car elle te demande de chercher de l'aide pour toi-même. Dans de nombreux pays, il existe un accompagnement par la parole pour les parents qui se séparent, souvent gratuit. Premier pas : renseigne-toi dès aujourd'hui pour savoir où trouver ce type de soutien près de chez toi.
En cas de violence ou de menaces, contacte la police ou appelle ton numéro d'urgence local. Si tu t'inquiètes pour le bien-être de ton enfant, parles-en à un médecin ou à un professionnel de santé.
Un premier pas aujourd'hui : observe si ton enfant transporte des messages entre vous, et transmets le prochain message directement à l'autre parent.
Pour savoir comment prendre soin de toi quand tu es à bout, consulte le guide sur la parentalité, et pour parler avec un ado qui ne se confie pas, lis parler avec les adolescents.
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