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Analyse · Habitudes d'écran

Le « doomscrolling » : pourquoi vous restez bloqué dans la négativité et comment en sortir

Le défilement frénétique des mauvaises nouvelles n'est pas un signe de faiblesse. C'est le système d'alerte du cerveau qui est saturé par un flot incessant d'informations anxiogènes. Voici le mécanisme en cause, et comment sortir de ce cercle vicieux sans faire l'autruche.

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Zenith Editorial

4 août 2026 · 4 min de lecture

Le « doomscrolling » — se laisser happer par un flux incessant de mauvaises nouvelles qu'on ne peut s'empêcher de lire — n'est pas un signe de morbidité ou de faiblesse. C'est la plus ancienne fonction de survie de notre cerveau, le détecteur de menaces, confrontée à une technologie conçue pour l'alimenter sans cesse. On continue de faire défiler les articles car une partie de soi croit que le prochain article permettra de maîtriser la menace. Ce n'est jamais le cas. Voici pourquoi, et comment sortir de ce cercle vicieux sans se désinformer.

Qu'est-ce que le doomscrolling en réalité ?

Le phénomène s'est largement répandu pendant la pandémie de 2020, mais il est antérieur. Il décrit un schéma précis : on recherche des informations négatives – crises, conflits, catastrophes – et on continue à lire bien au-delà de ce qui est utile, souvent avec une anxiété croissante à chaque défilement.

L'important, c'est que cela donne le sentiment d'être responsable , comme s'informer. C'est précisément ce masque qui rend le défilement incessant des mauvaises nouvelles si difficile à abandonner : il ressemble à une vertu.

Pourquoi le cerveau fait-il cela ?

L'être humain est porteur d'un biais de négativité inné. Nous descendons de ceux qui, au moindre bruissement dans les buissons, ont craint le pire et ont survécu. Le cerveau traite donc les informations menaçantes comme plus importantes que les informations neutres ou positives ; les psychologues Roy Baumeister et Paul Rozin ont démontré à quel point le principe « le mal prime sur le bien » influence constamment notre attention.

Un fil d'actualité est une machine qui exploite précisément ce biais. Les titres les plus partagés sont les plus alarmistes, car ce sont ceux sur lesquels on clique. On n'obtient pas une image représentative du monde, mais un flux continu et concentré de ses pires moments.

À cela s'ajoute l'attrait habituel du défilement : des récompenses imprévisibles . Le prochain glissement de doigt pourrait bien apporter la mise à jour cruciale. Cette combinaison – un système de menaces piraté et une machine à sous – est ce qui vous tient en haleine jusqu'à une heure du matin.

Pourquoi cela vous rend pire, au lieu de vous préparer

Voici la vérité qui dérange : le défilement frénétique d'informations anxiogènes ne résout pas l'anxiété qu'il engendre.

Ce comportement est motivé par la conviction qu'à force de lire, on finira par maîtriser la situation. Or, face à la menace d'une information provenant de l'autre bout du monde, il est rare d'avoir une quelconque prise. On nous livre l'information sans nous laisser la possibilité d'agir, et c'est précisément ce qui alimente l'anxiété : un danger perçu que l'on ne peut contrôler.

Cette recherche est corrélationnelle, il faut donc être honnête quant à ses limites : nous savons qu’une forte consommation d’informations négatives est liée à une baisse de l’humeur et à une augmentation de l’anxiété, mais nous ignorons la relation de cause à effet. L’hypothèse la plus plausible est qu’elle est réciproque : vous consultez des informations parce que vous êtes anxieux, et cela ne fait qu’accroître votre anxiété. Il s’agit d’un cercle vicieux, et non d’un effet à sens unique.

Ce que vous risquez de perdre, c'est le sommeil et la pleine conscience. C'est une raison suffisante pour rompre le cercle vicieux ; inutile d'invoquer une théorie du désastre.

Comment briser le cycle

Démasquez le subterfuge. Sur le moment : demandez-vous : « Cet article me fournira-t-il des informations utiles ? » Si la réponse est non — et c’est généralement le cas —, vous ne cherchez pas à vous informer. Vous activez votre système de détection des menaces. Le démasquer en réduit l’efficacité.

Affrontez l'envie, ne cédez pas. L'impulsion de faire défiler sans cesse est comme une vague passagère si vous n'y cédez pas. La technique du « surf sur l'envie » est justement celle qu'il faut utiliser dans ce cas : rester dans cette sensation désagréable sans y obéir, jusqu'à ce qu'elle disparaisse.

Adoptez une source d'information régulière. S'informer ne nécessite pas un flux constant. Un moment précis par jour, provenant d'une source sélectionnée, vous offre une vision réaliste, sans les dérives alarmistes. C'est comme comparer un repas à un verre d'eau.

Diminuez la densité du signal. Désactivez complètement les notifications d'actualités. Un point d'alerte est un détecteur de menaces à la demande. C'est le même principe que dans tout le guide pour se défaire de l'habitude de scroller : modifier l'environnement pour que la volonté soit moins souvent sollicitée.


Le défilement incessant d'informations anxiogènes n'est pas immoral. C'est un ancien système confronté à une nouvelle machine — et la machine l'emporte jusqu'à ce que vous appreniez à ressentir cette envie et à la laisser passer.

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Cet article, rédigé par Zenith, décrit la méthodologie du protocole Zenith. Son contenu ne constitue pas un avis médical. Les résultats individuels peuvent varier.